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Suby's world V6

Le bureau des affaires occultes

Le bureau des affaires occultes est un roman policier historique d’Eric Fouassier publié en 2021 aux éditions Albin Michel et disponible en poche chez Le Livre de Poche. C’est le premier tome d’une saga qui en compte actuellement cinq.

4ème de couverture

1830. Dans un Paris fiévreux encore sous le choc des Journées révolutionnaires de juillet, le gouvernement de Louis-Philippe, nouveau roi des Français, tente de juguler une opposition divisée mais virulente.

Valentin Verne, jeune inspecteur du service des mœurs, est muté à la brigade de Sûreté fondée quelques années plus tôt par le fameux Vidocq. Il doit élucider une série de morts étranges susceptible de déstabiliser le régime.

Car la science qui progresse, mêlée à l’ésotérisme alors en vogue, inspire un nouveau type de criminalité. Féru de chimie et de médecine, cultivant un goût pour le mystérieux et l’irrationnel, Valentin Verne sait en décrypter les codes. Nommé par le préfet à la tête du « bureau des affaires occultes », un service spécial chargé de traquer ces malfaiteurs modernes, il va donner la preuve de ses extraordinaires compétences.

Mais qui est vraiment ce policier solitaire, obsédé par la traque d’un criminel insaisissable connu sous le seul surnom du Vicaire ?

Fiche technique du Bureau des affaires occultes

Mon avis :

Le bureau des affaires occultes est le premier tome d’une série qui compte actuellement cinq volumes.
Dès les premières pages, on est immergé dans l’action. Le style est fluide et efficace. Dans ce premier volume, on découvre deux mystères qui se déroulent en parallèle. Le premier est l’enquête officielle confiée à Valentin Verne par le commissaire Flanchard. Le fils d’un influent membre de la Chambre s’est défenestré devant les yeux de sa mère lors d’une réception pour fêter ses fiançailles…
Le deuxième est le récit écrit de Damien, qui raconte ses années de captivité et de sévices infligées par le Vicaire.

Une enquête politique et scientifique

L’enquête principale est plutôt sympathique à suivre. Valentin marche sur des œufs tant la situation politique est explosive. Homme de terrain, il va plus d’une fois se mettre en danger pour mener ses investigations à leur terme. Un réel suspense est savamment distillé. L’étrangeté de la mort du jeune homme le conduit aussi à s’interroger sur les moyens employés. La chimie fait beaucoup de progrès à cette époque. Pourrait-il s’agir de l’ingestion de substances réagissant sur le cerveau humain ? Ou bien de procédés encore inédits pouvant influencer l’esprit humain ? Par ses interrogations, Valentin Verne pourrait être considéré comme un précurseur de la police scientifique actuelle. Malgré tout, j’ai eu l’impression que cet arc avançait par coups de chance arrivant fort à propos plus que grâce à des déductions ingénieuses.

Les bases de la saga

Concernant l’arc avec Damien et le Vicaire, on s’aperçoit vite que ce thème va constituer un fil rouge pour la série. Pendant que l’on découvre toutes les horreurs subies par le jeune garçon, on se demande durant une bonne partie de ce tome quel est son lien avec Valentin. Comment son témoignage écrit est arrivé dans les mains du jeune inspecteur ? Pourquoi fait-il de cette histoire une affaire personnelle ?

Je dois avouer que j’ai beaucoup plus adhéré à cette partie du roman, même si elle m’a plus d’une fois mis mal à l’aise par la nature des sévices subis, décrits assez crûment. Là où l’intrigue est particulièrement bien ficelée, c’est que ce fil rouge va avoir des interactions avec l’enquête principale de ce tome. De plus, dès ce premier volume, l’auteur répond à certaines questions que se pose le lecteur, levant une part du voile de mystère. Mais c’est aussi pour y rajouter subtilement quelques rebondissements qui donnent envie de poursuivre le reste de la série. 

Un roman historique

Mais ce que j’ai particulièrement apprécié dans ce roman, c’est la description du Paris au temps de la restauration de Louis-Philippe ainsi que la situation politique de l’époque. Amenée par petites touches, elle donne beaucoup de profondeur au roman, lui conférant un intérêt d’ordre historique sans que cela alourdisse la lecture. Tout est expliqué au bon moment sans casser le rythme de l’intrigue grâce à des références suffisamment concises pour expliquer le contexte de l’époque sans être rébarbatif. Cela nous permet d’approfondir nos connaissances historiques de manière « ludique ».

Pour finir, Le bureau des affaires occultes est une lecture très agréable, mêlant policier, suspense et histoire. Cela m’a donné envie de découvrir la suite, à l’occasion.